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Comment fonctionne la tirelire Kakebo ? Méthode, carnet et grille d’épargne

Le mot « kakebo » désigne deux choses : une méthode japonaise de tenue du budget, née il y a plus d’un siècle, et, par extension, la tirelire à grille dont on coche les cases à chaque dépôt. Les deux poursuivent le même but : savoir où va son argent et épargner avec un objectif clair. Voici comment fonctionnent l’une et l’autre, et comment les combiner.

En bref

  • Le kakebo (家計簿, « livre de comptes du foyer ») a été imaginé en 1904 par Hani Motoko, considérée comme la première femme journaliste du Japon.
  • La méthode : noter ses revenus et ses dépenses, les classer en quatre catégories et répondre chaque mois à quatre questions simples.
  • La tirelire kakebo est une boîte dont le couvercle affiche une grille de montants ; on coche chaque dépôt jusqu’à l’objectif (de 1 000 € à 10 000 €).
  • Ensemble, le carnet dit combien on peut épargner ; la tirelire rend cette épargne visible.

D’où vient le kakebo ?

Le kakebo a été publié pour la première fois en 1904 par Hani Motoko (1873-1957), fondatrice du magazine féminin Fujin no Tomo. L’idée était de donner aux femmes, qui géraient alors le budget du foyer, un outil simple pour suivre les dépenses et mettre de l’argent de côté. Le carnet est toujours édité chaque année au Japon et s’est fait connaître en Europe dans les années 2010.

Comment fonctionne la méthode

1. En début de mois

On note ses revenus, on retire les charges fixes (loyer, abonnements, assurances, crédits) et l’on se fixe un objectif d’épargne pour le mois. Ce qui reste est le budget disponible pour les dépenses courantes.

2. Au quotidien : les quatre catégories

Chaque dépense est notée à la main dans l’une des quatre catégories traditionnelles :

CatégorieCe qu’on y metExemples
Survie (besoins)Ce qui est indispensableCourses, transport, santé
Optionnel (envies)Ce dont on pourrait se passerRestaurants, vêtements, livraisons
CultureCe qui enrichitLivres, musées, cours, cinéma
Extra (imprévus)Ce qui n’était pas prévuRéparation, cadeau, amende

C’est cette classification qui fait l’intérêt du kakebo : en fin de mois, on voit immédiatement quelle part est allée aux envies et aux imprévus.

3. En fin de mois : les quatre questions

  1. Combien d’argent ai-je ?
  2. Combien est-ce que je veux économiser ?
  3. Combien ai-je dépensé ?
  4. Comment puis-je m’améliorer ?

La dernière question est la plus importante : on ne cherche pas à se priver, mais à décider consciemment de ce que l’on garde et de ce que l’on réduit le mois suivant.

Faire son propre kakebo

Nul besoin d’acheter un carnet spécial : un cahier suffit.

  • Une double page par mois : à gauche les revenus, les charges fixes et l’objectif d’épargne ; à droite le bilan et les réponses aux quatre questions.
  • Une page par semaine pour les dépenses, en quatre colonnes (survie, optionnel, culture, extra), avec un sous-total à la fin de chaque semaine.
  • Des couleurs par catégorie pour repérer d’un coup d’œil les postes qui débordent.
  • Un rendez-vous fixe (le dimanche soir, par exemple) pour reporter les tickets de la semaine : cinq à dix minutes suffisent.

Le kakebo se tient à la main : écrire chaque dépense oblige à la regarder, ce qu’une application qui classe tout automatiquement ne fait pas.

La tirelire kakebo : l’épargne visible

Le carnet vous dit combien vous pouvez mettre de côté ; la tirelire à grille vous montre où vous en êtes. Le couvercle porte une série de cases (5 €, 10 €, 20 €, 50 €…) dont le total correspond à l’objectif. À chaque dépôt, on coche la case correspondante. La plupart de ces boîtes sont faites pour n’être ouvertes qu’une fois la grille remplie, ce qui évite de puiser dedans en cours de route.

Notre tirelire Kakebo en bois existe de 1 000 € à 10 000 €. Si vous préférez commencer sur papier, téléchargez nos tableaux d’épargne gratuits à imprimer : mêmes objectifs, défi 52 semaines et grille libre.

Relier le carnet et la tirelire

  • En début de mois, l’objectif d’épargne du kakebo devient le montant à déposer dans la tirelire.
  • En fin de mois, ce qui reste du budget courant peut aller dans une case supplémentaire.
  • Les économies repérées grâce à la question « comment m’améliorer ? » (un abonnement résilié, moins de livraisons) se déposent aussi : on voit concrètement ce qu’elles rapportent.

Pour qui ?

  • Les débutants en budget : la méthode est simple et ne demande aucun outil.
  • Les familles : le bilan mensuel peut se faire à deux, et les enfants peuvent tenir une version simplifiée avec leur argent de poche (voir notre guide tirelire enfant).
  • Les adultes qui épargnent pour un projet : voir aussi nos conseils pour gérer son budget grâce à la tirelire.

Questions fréquentes

Le kakebo est-il vraiment japonais ?

Oui : il a été créé au Japon en 1904 par Hani Motoko et y est toujours publié chaque année. Le nom signifie « livre de comptes du foyer ».

Faut-il une tirelire pour pratiquer le kakebo ?

Non, la méthode repose sur le carnet. La tirelire à grille est un complément qui rend l’épargne concrète et motivante.

Combien de temps y consacrer ?

Quelques minutes par jour ou une dizaine de minutes par semaine pour noter les dépenses, puis une demi-heure en fin de mois pour le bilan.

Quelle différence avec la « tirelire japonaise » ?

En France, on appelle aussi « tirelire japonaise » la tirelire à grille et les tirelires Maneki Neko (le chat porte-bonheur). Voir notre guide de la tirelire japonaise.