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Tirelire : qui l’a inventée et pourquoi un cochon ?

person putting coin in a piggy bank

Personne n’a « inventé » la tirelire : l’objet apparaît dans plusieurs civilisations dès que la monnaie en pièces se répand. Mais les découvertes archéologiques permettent de retracer son histoire, et d’expliquer pourquoi le cochon s’est imposé comme la forme la plus célèbre. Voici ce que l’on sait, et ce qui relève de la légende.

En bref

  • Les plus anciennes tirelires connues sont des pots en terre cuite de l’Antiquité grecque et romaine, munis d’une simple fente.
  • Il fallait souvent les casser pour récupérer l’argent : c’est ce qui les rendait efficaces.
  • Le cochon s’est imposé en Europe comme symbole de prospérité ; des tirelires en forme de sanglier sont aussi connues à Java depuis le Moyen Âge.
  • Le mot « tirelire » est attesté en français dès le Moyen Âge ; son origine exacte reste discutée.

Les premières tirelires : l’Antiquité

Dès que les pièces de monnaie se diffusent autour de la Méditerranée, il faut un endroit où les garder. Les archéologues ont retrouvé en Grèce des récipients en terre cuite percés d’une fente, dont certains imitent la forme d’un petit temple, le thesauros (le « trésor », qui a donné notre mot). Les Romains utilisaient eux aussi de petits pots en argile fermés, parfois décorés.

Leur principe est déjà celui de nos tirelires : une fente trop étroite pour ressortir les pièces facilement. Pour récupérer l’argent, on brisait le pot, ce qui obligeait à attendre d’en avoir vraiment besoin.

Au Moyen Âge : le pot à casser

En Europe, la tirelire reste pendant des siècles un pot d’argile bon marché, rond ou ovale, que l’on casse une fois plein. C’est pour cela que peu d’exemplaires anciens nous sont parvenus intacts : la plupart ont été détruits par leurs propriétaires. Les tirelires deviennent aussi des objets de fête, offerts en fin d’année ou lors d’événements familiaux.

Pourquoi un cochon ?

Aucune date précise ne marque l’apparition de la tirelire cochon, mais plusieurs raisons expliquent son succès :

  • Un symbole de prospérité : dans les campagnes européennes, élever un cochon, c’était mettre de côté de quoi passer l’hiver. Le cochon que l’on nourrit et qui grossit évoque naturellement l’épargne.
  • La chance : en allemand, « Schwein haben » (« avoir du cochon ») signifie avoir de la chance, et le cochon est un porte-bonheur traditionnel du Nouvel An dans plusieurs pays d’Europe centrale.
  • Une forme pratique : un corps rond et creux, facile à modeler, avec un dos idéal pour la fente.
  • En Asie : à Java (Indonésie), des tirelires en terre cuite en forme de sanglier sont connues depuis l’époque de l’empire Majapahit (XIIIe-XVIe siècle). En indonésien, la tirelire se dit encore celengan, de celeng, le sanglier. En Chine, le cochon est l’un des douze signes du zodiaque, associé à l’abondance.

Et la légende du « pygg » ?

On lit souvent que le mot anglais piggy bank viendrait d’une argile orangée appelée « pygg », utilisée au Moyen Âge pour fabriquer des pots, et que le jeu de mots aurait donné naissance au cochon. L’explication est séduisante, mais elle est discutée par les linguistes : elle s’appuie sur peu de sources, et elle n’explique pas pourquoi le cochon est aussi présent dans des pays non anglophones (Sparschwein en allemand, spaarvarken en néerlandais).

D’où vient le mot « tirelire » ?

Le mot est attesté en français depuis le Moyen Âge. Son origine exacte n’est pas établie ; la piste la plus souvent retenue par les dictionnaires est onomatopéique : « tire-lire » était un refrain de chansons de l’époque, également utilisé pour imiter le chant de l’alouette, et aurait pu évoquer le tintement des pièces. L’idée d’un lien avec la lire italienne, que l’on rencontre parfois, n’est pas appuyée par les sources.

LangueMotCe qu’il évoque
Françaistirelireorigine discutée (probable onomatopée)
Anglaispiggy bankla « banque cochon »
AllemandSparschweinle « cochon d’épargne »
Néerlandaisspaarvarkenle « cochon d’épargne »
Espagnolhuchaun coffre, une cachette
Indonésiencelengande celeng, le sanglier

Du pot à casser au bouchon

Au XXe siècle, la production industrielle multiplie les matières (métal, porcelaine, puis plastique et vinyle) et les formes. Surtout, le bouchon ou la trappe se généralise : on peut enfin récupérer ses économies sans détruire l’objet. Viennent ensuite les tirelires à serrure, à code, puis électroniques qui comptent les pièces. Pour les modèles d’aujourd’hui, voir notre guide de la tirelire cochon et, si vous avez égaré le vôtre, notre article sur le bouchon de tirelire.

Ce que la tirelire apprend toujours

Même à l’heure du paiement sans contact, la tirelire garde un rôle éducatif : elle rend l’argent visible et fait de l’attente une expérience. C’est souvent le premier outil d’épargne d’un enfant (voir notre guide tirelire enfant). Pour les anciennes tirelires à collectionner, voir notre guide de la tirelire vintage.

Découvrez notre sélection de tirelires cochon, du modèle classique en céramique aux versions modernes.

Questions fréquentes

Qui a inventé la tirelire ?

Personne en particulier : des récipients à pièces en terre cuite existent dès l’Antiquité grecque et romaine, et des objets comparables apparaissent ailleurs, comme à Java.

Pourquoi casse-t-on une tirelire ?

Les premières tirelires n’avaient pas d’ouverture : il fallait les briser pour récupérer l’argent. La tradition s’est maintenue pour certaines tirelires, même si la plupart ont aujourd’hui un bouchon.

Pourquoi la tirelire a-t-elle la forme d’un cochon ?

Parce que le cochon symbolise depuis longtemps la prospérité et la chance en Europe, et que sa forme ronde se prête bien à un réceptacle. La légende de l’argile « pygg » est souvent citée, mais elle n’est pas prouvée.

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